Stress chronique :
Comprendre ses causes pour mieux le combattre
Vous arrive-t-il de vous sentir tendue sans vraiment savoir pourquoi ? D’avoir le souffle court, des pensées en boucle, des tensions à certains endroits du corps, sans pouvoir poser un mot précis sur ce qui vous affecte ?
Ce sont peut-être les signes du stress. Ce fameux stress, on pense le connaître, mais derrière ce mot si courant se cache un phénomène bien plus complexe qu’on ne le pense.
Comprendre ce qui vous stresse, c’est le premier pas vers un mieux-être durable. Dans cet article, je vous propose d’explorer avec moi les causes du stress et ce qui se passe réellement dans notre corps lorsqu’il s’installe.
Le stress, c’est quoi exactement ?
Définition du stress
Le stress est défini comme l’ensemble des réactions physiologiques et psychologiques de l’organisme face à une situation perçue comme contraignante, impressionnante ou menaçante. Ces réactions ont pour but de préserver l’équilibre interne (homéostasie) de votre corps. Il s’agit d’un processus adaptatif mobilisant le système nerveux, endocrinien et immunitaire, permettant de faire face à une exigence ponctuelle. Cependant, lorsque ce processus devient chronique (c’est-à-dire régulier et persistant), il peut entraîner des déséquilibres néfastes pour votre santé.
En d’autres termes
Le stress n’est pas votre ennemi. Il est, au contraire, une réaction naturelle de votre organisme, un mécanisme de protection. Sa mission ? Vous aider à vous adapter à votre environnement pour maintenir l’équilibre et le bon fonctionnement de votre corps.
Concrètement, lorsque vous êtes confrontée à une situation inhabituelle, votre organisme active un ensemble de mécanismes pour vous aider à réagir (une sorte d’état d’alerte). Ce processus se manifeste aussi bien en cas de choc émotionnel que face à un imprévu, une blessure ou même une compétition ou une représentation en public.
Le stress est donc un mécanisme de survie, nécessaire à votre bon fonctionnement. C’est lorsqu’il devient chronique qu’il se révèle être problématique.
Les différentes formes de stress
Il n’existe pas un stress, mais bien plusieurs stress ! On distingue 4 types de stress selon la nature des causes, tous capables d’impacter votre équilibre :
Le stress physiologique
Il s’agit de tout ce qui, dans le corps, constitue une agression directe pour l’organisme. On y retrouve :
- Les traumatismes et blessures : une chute, une entorse, une fracture, une opération chirurgicale… Toutes ces situations provoquent un stress immédiat pour l’organisme, à la fois par la douleur et l’éventuelle peur ou appréhension qu’elles suscitent. Ensuite, s’installe un stress physiologique : le corps mobilise une grande quantité d’énergie pour cicatriser, lutter contre l’inflammation, réparer les tissus et se régénérer. Ce stress peut être particulièrement épuisant s’il s’inscrit dans la durée.
- L’exercice physique intense ou inadapté : un surentraînement ou une pratique sportive sans récupération suffisante peut provoquer des microtraumatismes, un excès de radicaux libres, voire une fatigue chronique.
- Les carences nutritionnelles : un manque de fer, de magnésium ou de vitamines B, par exemple, empêche l’organisme de fonctionner correctement et augmente la vulnérabilité face au stress.
- La prise de médicaments ou l’exposition à des substances chimiques : certains traitements, anesthésies, pesticides, solvants ou perturbateurs endocriniens obligent le foie et les reins à redoubler d’efforts pour les éliminer, ce qui représente une forme de stress métabolique.
Le stress infectieux
On continue avec une autre cause du stress : l’origine infectieuse.
Les bactéries, virus, champignons ou parasites déclenchent des réponses immunitaires pour protéger l’organisme. Une simple infection virale ou un déséquilibre du microbiote intestinal peut générer un stress inflammatoire, surtout lorsqu’il devient chronique ou est mal résolu.
Le stress environnemental
Nous sous-estimons souvent l’impact de notre environnement sur notre équilibre physiologique. Pourtant, plusieurs éléments extérieurs peuvent créer un stress insidieux, jour après jour :
- Le bruit, notamment en milieu urbain ou dans des lieux de travail très sollicitant, épuise le système nerveux.
- La lumière artificielle, les écrans, le manque de lumière naturelle perturbent les cycles veille/sommeil et la sécrétion de mélatonine, notre précieuse hormone du sommeil.
- Les variations de température, l’humidité excessive, l’exposition au froid ou à la chaleur extrême obligent le corps à s’adapter en permanence.
La pollution de l’air, de l’eau, ou électromagnétique (ondes Wi-Fi, téléphones…) constitue également une forme de stress oxydatif et cellulaire, surtout en cas d’exposition prolongée.
Le stress psychologique
Et enfin, la cause psychologique est la plus connue, mais aussi la plus subjective, car chaque individu réagit différemment face aux situations de vie. Ce stress peut être causé par :
- Des conflits relationnels : au travail, en couple, en famille… Ils provoquent une tension mentale, des émotions négatives (colère, frustration, peur) et peuvent même raviver des blessures anciennes et donc s’accompagner d’anxiété.
- Pression professionnelle ou charge mentale élevée : exigences élevées, multi tâches permanentes, manque de reconnaissance, sentiment de ne jamais en faire assez…
- Anxiété, ruminations, manque de confiance en soi : un terrain anxieux peut amplifier la perception des événements comme menaçants, même sans danger immédiat.
- Événements de vie marquants : séparation, deuil, maladie d’un proche, déménagement, changement de travail… Même lorsqu’ils sont positifs (mariage, naissance), ces événements demandent une grande capacité d’adaptation et peuvent parfois nous impressionner ou nous faire sortir de notre zone de confort.
Bon à savoir : Ce que vous ressentez face à une situation n’est pas toujours lié à sa gravité ou réalité objective, mais à votre propre perception. Ce que vous vivez comme une montagne sera peut-être un détail pour une autre personne – et c’est normal ! Nous avons tous une sensibilité différente au stress et une réaction unique selon les causes.
Les 3 grandes phases du stress
OK, vous avez compris quelles sont les causes du stress, mais comment fonctionne-t-il concrètement ? L’organisme réagit au stress en trois temps.
1. La phase d’alarme : le corps se prépare à agir
Face à un danger (réel ou perçu), votre corps enclenche la première réponse : la fameuse montée d’adrénaline. Cette phase mobilise instantanément le système nerveux sympathique, via l’hypothalamus, qui envoie des signaux aux organes essentiels à l’action.
Concrètement, ça donne :
- Accélération du rythme cardiaque et augmentation de la pression artérielle, pour envoyer plus de sang vers les muscles et le cerveau ;
- Respiration plus rapide et dilatation des bronches, pour améliorer l’apport en oxygène ;
- Libération de glucose par le foie dans le sang pour fournir un “carburant” immédiat à l’organisme ;
- Sécrétion d’adrénaline et de noradrénaline par les glandes surrénales, qui renforcent tous ces effets ;
- Vasoconstriction dans les zones moins prioritaires (peau, système digestif) et vasodilatation vers les muscles, le cœur, les poumons, le cerveau.
Tout est fait pour vous permettre de fuir la situation ou de combattre le danger.
C’est une réaction immédiate, intense, mais de courte durée. Une fois la situation maîtrisée, tout rentre dans l’ordre.
2. La phase de résistance : le corps tient le coup
Si la situation stressante se prolonge, c’est le système endocrinien qui prend le relais. L’objectif : permettre au corps de continuer à faire face dans la durée. C’est ici que le cortisol entre en scène. Cette hormone vous aide à maintenir l’effort dans le temps. Votre corps continue à puiser dans ses réserves énergétiques.
Les mécanismes en jeu :
- Augmentation du cortisol, une hormone sécrétée par les surrénales, qui maintient un niveau d’énergie élevé (hausse de la glycémie, mobilisation des réserves de graisses et de protéines).
- Stimulation des hormones thyroïdiennes (T3, T4), qui augmentent le métabolisme pour produire plus d’énergie.
- Activation de l’hormone de croissance (GH), impliquée dans la réparation cellulaire et le métabolisme.
Cette phase, qui intervient 10 minutes après la phase d’alarme, permet de « tenir le coup », n’est pas sans effets secondaires. Un excès prolongé de cortisol peut entraîner :
- Des troubles du sommeil (difficultés d’endormissement ou réveils nocturnes),
- Une anxiété chronique ou une irritabilité accrue,
- Des tensions musculaires, en particulier dans le dos, la nuque ou les mâchoires,
- Une difficulté à se concentrer ou à mémoriser,
- Une baisse de la libido et un dérèglement hormonal.
Le risque ? Que cette phase dure trop longtemps.
3. La phase d’épuisement : le corps sature
Lorsque le stress devient chronique et que l’organisme n’a plus les ressources nécessaires pour maintenir l’adaptation, il entre en phase d’épuisement.
Ce qu’il se passe :
- Les surrénales s’épuisent : elles ne parviennent plus à produire suffisamment de cortisol, ce qui provoque une chute d’énergie importante.
- La thyroïde prend le relais, d’abord en s’emballant (hyperthyroïdie réactionnelle), puis en s’épuisant elle aussi (hypothyroïdie).
- Tous les systèmes de régulation s’effondrent : nerveux, hormonal, immunitaire, digestif…
Ce stade entraîne une fatigue intense, physique et mentale, avec un sentiment de débordement constant et parfois, un burn-out. Le moindre effort devient difficile. On peut observer :
- Une perte de motivation et d’élan vital,
- Des troubles digestifs chroniques,
- Une hypersensibilité émotionnelle (pleurs, irritabilité, anxiété),
- Une fragilité immunitaire accrue (infections à répétition),
- Des troubles hormonaux (règles irrégulières, troubles de la fertilité),
- Des carences importantes (vitamines, minéraux, oligo-éléments), car l’organisme a épuisé ses stocks.
À ce stade, le corps est à bout. L’énergie chute, l’envie aussi. On se sent dépassé, physiquement comme mentalement. Et sortir de cette spirale demande du temps, ainsi que beaucoup de bienveillance et de résilience.
À retenir : un stress prolongé peut devenir dangereux pour votre santé, alors prenez soin de vous et prenez régulièrement un temps pour identifier ce qui vous stresse. Si vous vous sentez submergée par ce qui vous arrive ou que vous ressentez le besoin de vous faire aider, demandez de l’aide à votre médecin, psychologue ou psychiatre.
Les effets du stress sur le cerveau
Le stress n’agit pas seulement sur le corps. Il modifie aussi en profondeur le fonctionnement de votre cerveau. Des études ont montré qu’un taux élevé de cortisol sur le long terme altère la mémoire, la concentration et même la capacité à réguler ses émotions. Alors, pas étonnant que l’on se sente parfois “à côté de soi-même” quand le stress devient trop envahissant.
Mais ce n’est pas tout : les neurotransmetteurs (messagers chimiques du bien-être comme la sérotonine, la dopamine ou encore la noradrénaline) sont également perturbés par le stress. Résultat : on se sent plus fatiguée, démotivée, irritable. On perd parfois l’envie et notre capacité à nous réjouir. Toutes ces répercussions accentuent ce sentiment de confusion mentale.
Vous l’aurez compris : le stress n’est pas votre ennemi. Il est même vital. C’est lorsqu’il devient trop fréquent, trop long et résistant qu’il pose un problème pour votre santé physique et mentale.
Dans notre vie moderne, difficile d’éviter toutes les sources de stress. Mais il est tout à fait possible d’en réduire les causes et les effets, de soutenir votre corps dans les périodes de tension et de développer une meilleure résistance face au stress.
Découvrez justement les solutions naturelles qui existent pour combattre le stress durablement.
Et n’oubliez pas de prendre un moment pour vous demander : quelles sont, pour vous, les causes de stress les plus fréquentes et s’il y a un moyen d’ y remédier ou de les éviter ?
FAQ sur le stress chronique
Quelle est la différence entre stress, anxiété et angoisse ?
Ces trois notions sont souvent confondues, mais elles désignent des réalités différentes :
- Le stress est une réaction naturelle de l’organisme face à une situation perçue comme un défi ou une menace. Il peut être physique ou psychique, et disparaît une fois la situation résolue.
- L’anxiété est un état émotionnel plus diffus, souvent lié à l’anticipation d’un danger ou d’un problème futur. Elle peut exister sans cause précise, et s’installer dans le temps. Elle est le fruit de l’imagination.
- L’angoisse est une manifestation plus intense, avec souvent des symptômes physiques marqués (oppression, sueurs, palpitations). Elle survient brutalement, parfois sans raison apparente.
Quelle est la différence entre stress ponctuel (ou aigu) et stress chronique ?
- Le stress aigu survient de manière soudaine, face à un événement précis : prise de parole, entretien, frayeur… Il est de courte durée et s’estompe une fois la situation passée.
- Le stress chronique s’installe dans le temps. Il peut être causé par une accumulation de petits stress mal régulés ou une situation prolongée (charge mentale, conflit, environnement difficile). C’est ce stress prolongé qui peut nuire à votre santé.
Est-ce normal d’être souvent stressée sans “raison valable” ?
Oui, car ce n’est pas toujours la situation en elle-même qui génère du stress, mais la manière dont vous la percevez. On parle de stress perçu : une même situation peut sembler anodine à une personne et très anxiogène à une autre. Votre réaction au stress dépend également de votre histoire, de votre niveau de fatigue, de votre tempérament, et même de votre alimentation ou de votre environnement. Il est donc essentiel d’écouter vos signaux, sans minimiser ce que vous ressentez.